Pour vous montrer l’importance d’identifier un mentor, je vous propose de commencer votre lecture par ce que j’ai dis à Philippe Beja :

« Je vois en toi un mentor, j’observe beaucoup de similitudes entre ton parcours et le mien. J’ai la chance de t’avoir en exemple avec une dizaine d’années d’avance. Tu me montres le chemin et tu ne te rends probablement pas compte de l’impact que tu as sur ma vie. Pour tout ce que tu fais et le grand bonhomme que tu es je tiens à te dire un grand merci. Avec tout mon respect et ma gratitude ».

Philippe, quand as tu compris que tu pouvais être inspirant ?

Philippe Beja :

Je me suis aperçu hier devant ces 350 personnes (lors de son intervention au Biz Club Live 2017 d’Alexandre Roth) que mon parcours pouvait motiver plein de monde. Alors que je ne le pensais pas, sincèrement je ne le pensais pas… Je savais que j’avais un parcours atypique, mais je ne pensais pas que ça pouvait motiver des gens.

Je considère ce parcours comme une espèce de boulet ; une partie de ma vie que je ne voulais pas ressortir et que je ne veux pas dévoiler comme ça. Je ne pensais pas que ça pouvait aider les gens. Alors que, depuis hier (intervention au Biz Club Live 2017), je suis en pleine réflexion. Je me dis : « si mon parcours peut aider les gens, bah autant que j’essaie d’en parler un peu pour les aider, voir ce que je peux faire pour eux rien qu’en parlant ».

Fabien Foucaud : 

Bien sur Philippe ! C’est d’ailleurs pour cela que j’ai plein de questions à te poser… Il faut que tu me parles de ton histoire. Ce qui m’intéresse est de savoir d’où les gens viennent.

Ce que j’aime à dire est que (souvent), on voit la réussite de beaucoup de personnes célèbres (Michael Jordan, Walt Disney, Bill Gates, Teddy Riner et j’en passe) mais on ne voit jamais d’où ils viennent et tous les échecs qu’ils ont pu affronter de manière à en arriver là où ils sont. C’est ça qui est en hyper inspirant et c’est ça que les gens ont adoré dans ton intervention ce weekend. Des exemples il en existe encore beaucoup d’autres. On pourrait aussi parler d’Edith Piaf, de Charles Aznavour et de tant d’autres.

D’ailleurs toi Philippe, qui es tu ? Quel est ton parcours ?

Quand tu parles de Walt Disney, il y a toujours un truc qui m’a marqué. J’ai appris il n’y a pas longtemps que Walt Disney s’était fait licencier pour manque d’imagination. C’est un truc de dingue quand même ! Walt Disney quoi ?!?

Alors, moi, je suis chef d’entreprise depuis mes 20 ans. Et, comme tout chef d’entreprise (une grande majorité en tous cas), j’ai échoué ! Ce n’est évidemment pas ce que je souhaitais, mais c’est un parcours enrichissant. Pourquoi ? Car j’ai appris. Aujourd’hui j’en suis conscient, même si c’est vrai que sur le coup ce n’était pas du tout ça.

Pour moi, c’était un véritable échec. Je me considérais vraiment comme un moins que rien. Mais, avec les années, eh bien je m’aperçois qu’il fallait passer par ces étapes là pour grandir et réussir. Et en effet, ces 10 dernières années, il ne m’arrive que du bon avec mes entreprises, elles progressent constamment.

J’ai appris de mes échecs, j’ai évité de reproduire le même schéma, les mêmes erreurs. Et, inconsciemment, c’est ce qui fait que ça fonctionne aujourd’hui. Je suis à la tête d’un centre d’aqua fitness “Dynamic aqua”. Partager mon savoir pour aider les gens à perdre du poids par le sport me passionne.

Par ailleurs, j’aide aussi les entrepreneurs à vraiment croire en eux, vraiment au plus profond d’eux-mêmes. Dans les échecs, c’est ce qui m’a manqué énormément…

Qu’est-ce qui t’a manqué exactement ?

La confiance en moi ; de reprendre confiance en moi après mes échecs. Et ça, ça m’a véritablement manqué ! C’est pour ça que j’ai eu cette descente en enfer et que j’aurais pu rester vraiment très très bas, j’aurais pu… voilà, j’aurais été… bref, j’aurais pu aller beaucoup plus loin ! Une personne est venue vers moi et m’a dit :

« Mais moi j’ai confiance en toi, tu n’es pas un looser, tu n’es pas un raté. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui tu as subi tel échec, que je te regarde comme un moins que rien »

Alors que je pensais sincèrement que les gens me regardaient comme ça. Quand j’allais dans des réunions ou dans la salle de sport (pour évacuer cette rage), je pensais que c’était marqué en gros sur mon front : « Looser ». Et pourtant, le regard des autres était complètement différent. Je l’ai compris beaucoup plus tard. Beaucoup, beaucoup plus tard…

Qui est cette personne qui t’a tendu la main ?

C’est ma femme !Philippe Beja Sophie Beja Dynamic aqua

Je l’ai rencontrée à la salle de sport justement. Je l’ai aidée, j’essayais de lui apporter ce que je savais pour qu’elle prenne soin d’elle. Elle voulait arrêter de fumer sans prendre de kilos. Elle m’a dit, « tiens, ben aide moi, s’il te plaît à ne pas grossir ». Au fur et à mesure on s’est lié d’amitié jusqu’au jour où je lui ai dit : « mais voilà, je te kiffe en fait » ! C’était comme ça.

Malheureusement mes vieux démons m’ont rattrapé. Je lui ai dit : « non, s’il te plaît, je suis un looser, je suis un moins que rien, j’ai plein de casseroles, et je ne suis pas fait pour toi ». Et pourtant, elle m’a répondu :

« mais si, moi j’ai confiance en toi, j’ai confiance en toi, tu n’es pas un looser, ce n’est pas vrai. »

Et là, quand quelqu’un vous dit ça, tout de suite vous essayez de rebondir. Et voilà, c’est ce que j’ai fait.

Quels ont été tes pires échecs ?

A 20 ans j’ai eu une première entreprise avec laquelle je me suis endetté du jour au lendemain, en 24 heures ! Ca marchait très bien pour moi, puis du jour au lendemain, catastrophe ! En fait, j’ai organisé un concert qui s’est très mal passé. Il a fallu que je rembourse tous les participants mais je n’avais plus d’argent ! Endetté, du jour au lendemain alors que j’étais salarié.

Ensuite, j’ai créé une nouvelle entité, un peu plus importante, un peu plus grosse car j’en ai eu l’opportunité. Ça a très bien marché, vraiment très bien. Aujourd’hui, je pense que si je n’avais pas commis de grosses erreurs, j’aurais encore cette entreprise. Elle aurait du être une très grosse entreprise.

Mais voilà, j’ai échoué de nouveau pour d’autres raisons, des raisons d’associés. J’ai donné ma confiance à des gens qui m’ont trahi. Ca blesse encore plus. Ce n’est pas le fait d’échouer qui est dur, c’est la trahison qui fait beaucoup de mal. Je pense sincèrement que c’est cette trahison qui a fait que j’ai eu beaucoup du mal à me relever. Voilà, j’ai échoué et j’ai eu des centaines de milliers d’euros de dettes ! Et ça, ça a été très très, TRES dur…

Fabien Foucaud : 

Te rends tu compte finalement que ça t’a donné cette rage, cette puissance d’arriver où tu en es aujourd’hui. De réaliser des chiffres d’affaire en un temps record et de bouleverser le monde du commerce en dur en l’important sur le business en ligne…

Philippe Beja :

Je savais que j’étais en train de faire quelque chose de bien avec mon club de sport au niveau de ma communication mais je ne m’en suis pas aperçu tout de suite. Car, de ces différents échecs, j’ai toujours eu cette rage en moi et cette petite flamme qui me disaient : « s’il te plaît, prouve quand même aux gens que tu es quelqu’un de bien ». C’est pour cela que je me suis formé.

C’est ce qui m’avait manqué avec mes entreprises précédentes, ce manque de formation, de m’entourer de personnes qui pouvaient m’apporter et me faire grandir. Donc, je me suis formé au marketing. Quand j’ai créé mon club d’aqua fitness, « Dynamic Aqua », je me suis dit que j’allais communiquer différemment de ce que font mes concurrents ou les autres salles de sport.

J’ai digitalisé ma communication et j’ai impacté. Et hier, pendant le séminaire, un certain Franck Rocca est venu me voir et m’a dit : « Sais-tu que tu es le premier et le seul à avoir réalisé cette prouesse ? ». Voilà, j’ai réussi à digitaliser la communication d’un commerce en dur. Désormais, je pense que je vais pouvoir aider des commerçants à attirer du monde dans leurs commerces.

Par la suite, quelqu’un m’a posé cette question : « que penses-tu des centres villes où les magasins ferment ? ». Ma réponse a été simple : « battez-vous, essayez de trouver un moyen pour faire venir du monde dans votre commerce, n’attendez pas que eux passent le pas de la porte, allez les chercher ». Et c’est internet qui est le meilleur moyen pour aller les chercher.

Philippe, « comment être impactant avec de l’humour ! ».

Car tu as quand même été sacrément bon avec cette vidéo !… 😉

 

Ouais, ouais, c’est vrai, c’est vrai. En fait j’ai voulu créer le buzz sur ma zone avec cette vidéo. Une parodie des « Bodins ». C’est comme cela que j’ai annoncé l’ouverture imminente de “Dynamic Aqua”, mon club de sport d’aqua bike.

J’ai donc dit aux gens que j’allais faire de l’Aqua-poney. J’ai fait une vidéo sur l’Aqua-poney. Et les gens se sont dit : « mais c’est qui ce fou qui va mettre des poneys dans une piscine ? »

Ils ont tous réellement cru que j’allais mettre des poneys dans une piscine, ce n’était évidemment pas vrai, ce n’est pas possible de mettre des poneys dans une piscine. Et pourtant, c’est ce qui a fait le buzz. C’est ce qui a vraiment fait que mon commerce a explosé et que désormais les gens attendent mes vidéos en pensant : « mais qu’est-ce qu’il va nous sortir encore comme bêtise ? ». Maintenant, je fais un peu plus sérieux.

C’est en ne changeant rien que l’on obtient toujours les mêmes résultats

Fabien Foucaud :

Tu es un peu plus sérieux mais en même temps c’est ce grain de folie qui t’a clairement permis de te différencier, parce que ce n’est pas en faisant toujours la même chose qu’on obtiendra des résultats différents.

Philippe Beja :

C’est ça, je conseille beaucoup de chefs d’entreprise en leur disant : « Mais sincèrement, si tu fais exactement ce que tu faisais il y a trois ans, quels étaient les résultats que tu avais ? Si tu continues à faire la même chose qu’il y a trois ans, tu auras toujours le même résultat. Donc à un moment donné, si tu veux changer tes résultats, eh bien change quelque chose ».

C’est mon quotidien. Je me réveille tous les matins, parfois je dors même très peu la nuit, et je me dis, « mais qu’est-ce que je pourrais faire différemment pour provoquer encore des choses et augmenter mes résultats ». En fin de compte, ce n’est pas trop l’argent, ce n’est pas trop de faire en sorte que mon entreprise s’en sorte, c’est de ne plus échouer à nouveau, c’est ça qui m’anime le plus. Qu’est-ce que je peux faire pour éviter de nouveaux échecs. Ces échecs qui m’ont fait tellement de mal !…

Et si tu devais de nouveau subir un échec, comment le vivrais-tu ?

J’ai appris avec le temps !

Je dis souvent quand je cherche à faire quelque chose et que ça ne se présente pas comme je le voudrais, que je n’y arrive pas, que j’ai la rage, eh bien qu’à un moment donné, je me dis, « ben si ça ne se fait pas aujourd’hui, c’est que ça ne devait pas se faire aujourd’hui, peut-être que ça se fera demain ».

Voilà, et je pars toujours de ce principe-là. Si je dois échouer aujourd’hui ou demain, eh bien c’est que je devais échouer. Mais c’est qu’à un moment donné, c’est une loi universelle, c’est qu’à un moment donné, on est en train de me faire comprendre que j’ai oublié quelque chose, il faut donc que je l’apprenne. Donc tu échoues, tu recommences, tu échoues, tu recommences, tu échoues, tu recommences, tu échoues, tu recommences.

« Ne reste pas sur un échec, recommences ! ».

C’est comme une chute de cheval ! Pour surmonter la peur de retomber, il faut remonter de suite sur le cheval… Et c’est la même chose dans le monde de l’entreprenariat. C’est vrai que c’est un peu plus difficile, parce qu’il y a l’aspect financier, mais voilà : « tu échoues, tu recommences, tu échoues, tu recommences ».

Que dirais-tu sur « la solitude de l’entrepreneur » ?

Je sais que c’est la peur au quotidien de beaucoup de personnes qui veulent entreprendre, la solitude, le manque de soutien. Ce que j’aimerais dire aussi, c’est que vous n’êtes pas tout seul. Il faut accepter l’échec, des mains vont se tendre. Il faut rester ouvert à ces mains qui vont se tendre. Être prêt à les saisir.

Et pourtant, pendant quelques années, pendant une longue période, je n’étais pas ouvert du tout. On me tendait la main mais au vu de la trahison que j’avais déjà subi, je n’étais pas prêt du tout à saisir cette main. Je suis donc resté au fond.

Et, à un moment donné, j’ai accepté. Je me suis dis « ok, tu me tends la main, eh bien je vais essayer de la prendre, je vais voir ce que ça donne ». Et puis maintenant, on me tend énormément la main. Je suis surpris mais c’est comme ça. Et… oui, parfois, il faut accepter de se faire aider et d’accepter cette main. Il y a des choses  qu’on ne peut pas régler soi-même, tout seul dans son coin.

Fabien Foucaud :

Le secret n’est il pas de « donner pour recevoir » ? L’effet miroir…

Vu que l’on reçoit ce que l’on donne et que l’on attire aussi à nous des personnes qui nous ressemblent, cela peut-être compliqué quand on est au fond du trou. Quand tu n’es pas en super forme et que tu n’as pas confiance en toi, tu n’inspires pas le leadership…

Il y a un donc un gros travail à faire sur soi. Mais, un jour, une personne va venir te voir, et va sentir le leader en toi, même si tu te sens au fond du trou. Et ça revient à ce que tu disais tout à l’heure sur l’image que l’on a de nous, il faut réussir malgré tout à avoir une bonne posture. Et à un moment donné, la tendance va s’inverser.

Quel regard as-tu sur la dépression ?

Cela peut arriver, cela m’est d’ailleurs déjà arrivé. Mais je considère que la dépression, n’est pas une maladie, c’est juste un état d’esprit. C’est-à-dire que si vous êtes dans une mauvaise posture, en « énergie basse », on n’a pas trop envie de venir vous voir ni de vous aider. Par contre, si tu ouvres grand les épaules et que tu as une posture de leader, ce n’est pas possible de déprimer comme ça.

Tu affiches un large et beau sourire et c’est réglé ; tu as l’attitude d’un leader.

Quel est LE conseil de Philippe Beja ?

Le conseil que je pourrais vous donner aujourd’hui est de vous aimer. Peu importe par où vous êtes passés, que vous ayez subi des échecs ou que vous soyez en train de vous remettre en question, surtout, aimez-vous. Estimez-vous de la plus juste des manières, c’est ça le plus important. Il n’y a rien de plus déprimant que de se prendre pour un looser. J’ai beaucoup aimé l’intervention d’Antoine hier (lors du séminaire d’Alexandre Roth) qui conseillait de se répéter cette phrase haut et fort :

« Hey, c’est qui le patron ? C’est qui le patron ? »

J’exagère peut-être mais c’est ça, l’attitude du leader, rien que ça. Quand vous avez l’attitude du leader, les gens vont aller vers vous. Vous allez inspirer la confiance !

Il faut croire en vous. Moi je crois en vous !

Fin de l’interview réalisée lors du séminaire « Biz Club Live 2017 » organisé par Alexandre Roth.

Philippe Beja a eu une réelle prise de conscience lors de ce weekend, surtout à la fin de son intervention. Il a d’ailleurs reçu une standing ovation et à été élu le « meilleur speaker » du séminaire.

2 mois après, il décide de monter sur scène pour raconter son histoire. Il loue « l’Apollo Théâtre » à Paris 11 et rassemble 300 personnes. A l’heure où j’écris ces lignes il est en plein stress car nous sommes à quelques jours seulement de son passage sur scène. Il le fait pour plusieurs raisons avec l’une d’elles plus fortes que les autres : inspirer sa fille et lui montrer qu’il est possible de réaliser ses rêves dès lors que l’on s’en donne les moyens. Car pour lui :

“L’impossible n’existe pas”

Trouver votre mentor et collez le. Vous grandirez à ces côtés.

Prenez soin de vous et faites tout pour être heureux.

 

[thrive_leads id=’2848′]