Aujourd’hui, on rencontre Marine Barnérias, alias “Seper Hero”. Elle a énormément de choses à nous dire et son message est très inspirant. Son livre « Le voyage interdit qui a donné du sens à ma vie » est juste un carton, il est exceptionnel.

Je vous invite vraiment à vous le procurer et à le lire. Vous allez être transporté émotionnellement, vous allez voyager avec elle au travers de son histoire. Comme à son habitude, elle nous parle avec beaucoup d’authenticité et de vérité, on va passer un moment top.

Allez, c’est parti avec Marine.

Alors, comment ça va, Marine ?

Eh bien écoute, moi ça va au top. Je suis ravie que tu viennes me visiter justement à Paris. C’est cool ! Et puis on a trouvé un petit endroit sympa pour échanger. On est sur petit pont au-dessus de ce magnifique canal saint Martin. On interfère un peu le chemin de tout le monde, mais on est super bien !

Qui tu étais avant, qu’est ce qui t’es arrivé ?

Alors, qui j’étais avant ? Je pense qu’avant j’étais une personne qui vivait complètement à l’extérieur de son corps et d’elle-même. Et suite à ce petit intrus qui s’est immiscé dans ma vie, j’ai essayé d’aller voyager à l’intérieur de mon être. (Petit intrus qui s’appelle « Rosy », petit surnom de la sclérose en plaques),

Mon projet SEPER HERO est simple. On m’a diagnostiquée d’une sclérose en plaque en 2015. Plutôt que d’accepter un quelconque traitement médical, j’ai décidé de partir faire un petit voyage. Je suis parti à travers trois pays et à trois thèmes :

  1. pour commencer, je me suis embarquée avec mon corps, ma vieille carcasse d’1,60m, sur les terres Néo-Zélandaises.
  2. ensuite, je suis partie avec l’esprit en Birmanie,
  3. pour finir avec l’âme en Mongolie.

A la suite de ce voyage, j’ai essayé d’avoir cet équilibre entre mon corps et mon cerveau. Tout ceci pour continuer justement sur ce chemin qui ne sera jamais acquis. J’ai d’ailleurs encore beaucoup de choses à découvrir.

Voilà qui je suis maintenant. Je n’ai pas changé, j’ai évolué sur un “petit point”. J’ai découvert beaucoup de graines (en référence aux graines d’un potager) pendant cette aventure. Et maintenant, il va falloir que je les fasse fleurir. C’est le voyage qui commence en fait !

Tout commence après le voyage ?

Eh bien pour moi, oui ! Tout commence après le voyage car ça a été un voyage intérieur. Pour le moment c’est le début de l’aventure car, quand on découvre quelque chose il faut le faire fructifier. “Ce n’est pas ce qui nous arrive le plus important, c’est ce que l’on en fait” (J.Salomé).

Il faut le comprendre, l’exploiter, l’analyser. Il faut surtout essayer de le mettre dans sa vie. Car c’est facile de vivre et de découvrir des choses loin de ce tumulte parisien. Désormais il faut se dire : « qu’est-ce qui se passe ici ? Comment on arrive à rapporter tous ces beaux projets, tous ces souvenirs, toutes ces rencontres ?  Comment je vais les implanter dans votre cœur et les faire fructifier ici à Paris ? ».

C’est donc le voyage qui débute avec des nouvelles rencontres pour continuer sur ce chemin. Comme toi Fabien. On s’est rencontré, on fait une petite vidéo, et puis qui sait où cela nous emmènera ?!… Voilà, tout cela consiste à mettre des graines supplémentaires en fait.

Fabien : Cela m’amène à dire qu’on a tous un chemin de vie, on a tous une histoire de vie. L’idée est donc de s’interpeller sur le sens que l’on souhaite donner à sa vie. Elle passe trop vite, et bien souvent, on ressent des difficultés à identifier le sens que l’on souhaite lui donner. Je pense qu’il faut s’attarder là-dessus.

Cette maladie, “Rosy”, a t’elle orienté le sens que tu devais donner à ta vie?

Je pense sincèrement que l’on a tous cette volonté de donner du sens à notre vie. Que l’on soit malade ou pas d’ailleurs, je pense qu’on a tous cette détermination. Mais il est vrai qu’après, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Cette maladie qui s’est immiscée en moi m’a fait réaliser que j’étais en train de passer à côté de ma vie. Elle a aussi fait naître cette volonté de me dire,

« Punaise, Marine, comment tu vas faire pour cohabiter et être toi-même ? ».

Parce que, avant, j’avais envie de faire plein de choses. J’avais envie d’avoir un métier qui me plaisait par exemple, mais toutes ces choses dépendaient des autres. Et en fait, je ne me suis jamais dit, « mais Marine ?! Qui es tu ? Vers où veux tu aller ?…».

Cette maladie, elle m’a permis de m’ancrer en fait. Elle m’a permis de me dire : « Avant de vouloir faire tout ce que tu imagines de faire, est-ce que tu te connais ? Avant de vouloir donner du sens à tout ce que tu peux imaginer, est-ce que déjà, tu te donnes du sens à toi, de la valeur ? ». Et ça en fait, je me suis rendue compte que « oh putain, je vivais bien à côté de mes pompes ».

Et tu t’en es rendue compte à quel moment ?

Mon corps m’a donné beaucoup de signaux avant d’être malade. Beaucoup de clignotants qui me disaient, « fais-gaffe ma cocotte, fais-gaffe, ce n’est pas ton truc, tu vas trop vite ». Notre corps nous parle à l’infini ! Avant d’être diagnostiqué, mon corps m’a donné plein de signaux. Il fallait que je lève le pied, que je m’écoute, que j’arrête d’être dans des excès.

Je suis une fille très excessive, que ça soit dans les émotions ou encore dans les « waouh, trop cool ». Dans les moments de tristesse ou dans plein de domaines en fait… J’étais loin de cet équilibre de vie tant recherché.

Je pense que cette maladie m’a fait mettre en avant ces deux entités qui étaient complètement opposées. Elle m’a fait me dire, « ok Marine, essaie de trouver l’équilibre avec tout ça. Tu pourras enfin construire et mettre du sens dans ce que tu as envie de créer ».

Donc, ça t’a rendu service ?

Ça m’a rendu plus que service ! Maintenant, ma ptite Rosy, je la remercie  carrément. Je la remercie ! Même si on ne sait pas ce qui va se passer dans les années à venir, ce n‘est pas grave. Personne ne sait ce qui va lui arriver d’ailleurs. il faut vivre l’instant présent.

Le passé, c’est du passé, c’est une histoire. Le futur, ce ne sont que des projets, ce ne sont que des illusions finalement. On ne sait pas ce qui va se passer. Le plus important, c’est ce qui se passe aujourd’hui. 

Vivre l’instant présent et se sentir vivant !

Le plus important, c’est aussi de se sentir vivant, se dire : « que l’on soit malade ou pas, il n’y a pas de fatalité ». De surcroit, sans vouloir être alarmiste, on a tous une maladie qui sommeille en nous. On ne sait pas de quoi demain est fait, personne ne peut le savoir.

Personne ne peut vous dire que demain vous allez mourir d’un cancer ou que vous allez finir en fauteuil roulant. Quand on part du principe que vous êtes le seul à pouvoir créer votre futur, punaise ! Il y a tellement de possibilités, il y aune immensité de possibilités. C’est à partir de ce moment-là que la vie devient excitante ! On ouvre le champs des possibles.


Fabien : Ok, top. Merci Marine. Cela m’amène à te poser une autre question. Est-ce que l’idée, c’est de se dire, « je sors de ma zone de confort ou je repousse les limites de ma zone de confort ? »

La zone de confort selon Marine

C’est un peu la même chose j’ai l’impression. Je pense que la zone de confort, c’est le petit bébé qui est en chacun de nous. Celui que l’on a tous et qui ne te quittera jamais. La zone de confort est très différente d’une personne à une autre, et heureusement d’ailleurs.

Ce que je pense, c’est qu’on a tous envie d’avoir cette adrénaline un peu différente et de se sentir vivant. Cela va bien au delà de se contenter de ce que l’on a ou de ce que l’on connaît.

On constate que certaines personnes en ont peur, d’autres vont se lancer. D’autres encore ne vont pas forcément en sortir. Elles vont créer des projets tout en ayant un pied dedans, pour se rassurer.

Je pense que ça dépend de chaque personne. Il faut sortir de sa zone de confort comme on peut, comme on en a envie. Il ne faut pas être brutal. Certaines personnes ont tendance à penser qu’elles seraient incapable de faire ceci ou cela.

“Je ne pourrai jamais faire comme Mireille, Jean-Jacques, Abdel ou je ne sais qui d’autres encore…”.

Mais c’est quoi le plus important ?! Pour moi, c’est déjà d’arrêter de se comparer ! On entend toujours ce genre de truc « un tel a fait ceci, un tel a fait cela… Il faut que tu sortes un peu de ton boulot, métro, dodo… Non mais tu es mignonne ma cocotte mais j’ai mes impôts et mon loyer à payer, ma femme, mes enfants, mes trucs et mes machins…».

Il faut arrêter de se comparer et se recentrer !

Marine Barnérias

Le mec, il est bloqué, il est bloqué. Alors c’est facile à dire, « sors de ta zone de confort, écoute-toi ». Je pense sincèrement qu’il faut arrêter de regarder ce qui se passe à côté de soi et se recentrer sur ce que l’on aime à l’intérieur de notre cœur.

C’est ainsi que l’on arrivera à dépasser les limites. Et naturellement, sans aller regarder l’assiette du voisin et ce que fait l’autre, on arrivera sans s’en rendre compte à sortir de notre zone de confort.

Moi, je ne me suis jamais dit, « aller, c’est parti ! Je vais prendre mon sac à dos et sortir de ma zone de confort. Je vais repousser mes limites, je vais partir à la conquête du monde, youhouuuu ». Non, je me suis dit tout le contraire en fait. « J’ai trop peur, je ne sais pas ce que je vais faire ni où cela va me mener ». Et pourtant, pour la première fois de ma vie, j’étais connectée à ce que je ressentais.

D’ailleurs, je suis convaincue que l’on ne peut jamais prendre des sentiers aussi différents, aussi paradoxales que quand on commence à s’écouter. Et pour le coup, c’est la plus belle sortie d’une zone de confort, c’est de commencer par s’écouter !

Ce qui peut interpeller d’ailleurs car “s’écouter” pourrait nous maintenir à l’intérieur. Mais quand on commence sincèrement à l’expérimenter, il y a beaucoup de choses qui nous font dire : « Tiens mon coco, viens, on part… on part ailleurs, on quitte ce sentier ! ».

Pour conclure

Voilà, pour résumer je dirais que « sortir de sa zone de confort » correspond à pousser les barrières. Cela consiste à :

  • s’éloigner de la comparaison et se centrer sur ce qu’on a besoin d’être et de faire dans notre propre vie
  • faire fleurir beaucoup de choses qu’on n’imagine pas.

C’est sur ces mots que je quitte Marine pour la laisser continuer son aventure de vie. J’ai beaucoup appris en discutant avec elle, elle est surprenante de maturité. Du haut de ses 24 ans elle multiplie les projets et continue de capitaliser sur son histoire.

Que devient-elle ?

Quand elle parle de faire pousser des graines, elle à lancé un mouvement “Les botanistes”. Le but est de faire prendre conscience aux gens de l’importance de cultiver leur jardin intérieur. Leur précieux potager. 

Elle est aussi devenue présentatrice de l’émission “Littoral” sur France 3. Une belle aventure dans laquelle est prête son image de jeune fille authentique, dynamique, souriante et pleine de vie. Elle apprend ce métier au fur et à mesure, en étant naturelle.

Pour se quitter, je vous invite à écouter son clip en cliquant-ici ou sur l’image ci-dessous (oui, c’est moi, en bas à droite).

https://youtu.be/dKM-Q–plKc

Et n’oubliez pas :

Prenez soin de vous et faites tout pour être heureux

Fabien Foucaud